Open de France BARNES : le tirage est fait, place au jeu !

Après avoir fantasmé pendant des semaines sur les douze « Palermistes », les jeunes prodiges argentins et autres grands noms annoncés à Chantilly, l’Open de France BARNES 2026 possède désormais un visage. Le tirage au sort effectué vendredi soir au Polo Club du Domaine de Chantilly a réparti les douze équipes engagées en quatre poules de trois. Une distribution qui permettra surtout de déterminer les affiches d’un premier tour croisé avant que les huit meilleures formations ne se retrouvent en quarts de finale.

Cette fois, le compte à rebours est vraiment lancé. Dans quelques jours, après les premiers practices (matchs d’entrainement qui débuteront dès mercredi prochain : à voir aussi), le premier throw-in donnera enfin vie à cette 26e édition que l’on annonce depuis des semaines comme l’une des plus relevées de l’histoire du tournoi.

Une formule qui ne permettra guère de calculer

Le principe de cette première phase est original. Les trois équipes de la poule A affronteront chacune les trois formations de la poule B, tandis que les équipes de la poule C rencontreront celles de la poule D. Chacune disputera donc trois matchs sans affronter les deux autres équipes de son propre groupe.

À l’issue de ces rencontres croisées, les douze équipes seront réunies dans un classement général unique et les huit premières décrocheront leur billet pour les quarts de finale. Pas question, donc, de calculer tranquillement sa qualification au fond d’une poule : chaque résultat comptera dans une course commune aux huit premières places.

Le hasard a ainsi réservé aux formations de la poule A, Essso, Arho et Eternal J, trois confrontations avec Octogone, Sainte-Mesme et Talandracas, réunis dans la poule B.

Les tenants du titre d’Octogone et leur capitaine Alexis Morange retrouveront donc dès cette première phase trois adversaires aux profils très différents. David « Pelón » Stirling, Louis Hine et Hazel Jackson devront notamment croiser le fer avec Arho et le numéro un français Pierre-Henri N’Goumou, tandis que Sainte-Mesme, double vainqueur de l’Open, tentera de retrouver les quarts sous la conduite de Robert Strom.

Dans l’autre moitié du tableau, Akasha, Tédélou et La Esperanza, réunis dans la poule C, affronteront Kazak, Jolly Roger et Clinova, les trois formations de la poule D. Là encore, difficile d’imaginer une hiérarchie évidente avant les premières balles. Kazak et Sébastien Aguettant pourront notamment compter sur l’un des joueurs que l’on est particulièrement impatient de découvrir à Chantilly cette année : Pedro Chavanne, 15 ans seulement et déjà considéré comme l’un des grands espoirs du polo argentin.

Douze Palermistes et une génération qui pousse derrière

Le forfait de dernière minute de l’équipe d’Alejandro Muzzio a ramené le plateau de treize à douze formations, mais certainement pas réduit l’intérêt sportif de cette édition. Douze joueurs passés par le mythique Open d’Argentine restent annoncés sur les terrains de la Ferme d’Apremont, une concentration que peu de tournois européens peuvent aujourd’hui proposer en dehors des grandes compétitions anglaises et de Sotogrande.

Pelón Stirling tentera évidemment de conserver le titre décroché l’an dernier avec Octogone. Autour de lui, Guillermo « Sapo » Caset, Juan Martín Zubia, Alfredo Bigatti, Alfredo Cappella, Teodoro Lacau, Juan Ruiz « Tito » Guiñazú, Facundo F.Llorente, Guillermo Terrera, Tommy Beresford, Gonzalo Ferrari et Juan Gris Zavaleta constituent un casting qui donne une idée du niveau attendu.

Mais l’un des grands intérêts de cette édition sera aussi de regarder derrière ces joueurs confirmés. Leon Donoso, Dante Castagnola, Pedro Chavanne, Fermín McDonough, Felix Esain, Milo MacDonough ou encore Blas Bensadon appartiennent à une génération dont on parle déjà beaucoup en Argentine. Plusieurs ont 20 ans ou moins, voire beaucoup moins, certains portent des noms qui racontent à eux seuls une partie de l’histoire récente du polo, et Chantilly leur offrira pendant trois semaines un terrain d’expression particulièrement relevé.

Quand l’Open se joue au crépuscule

Car l’Open de France BARNES ne se résume surtout pas à sa grande finale et aux tribunes du dernier dimanche. Sa magie commence bien avant. Pendant près de trois semaines, les matchs vont se succéder sur les terrains de la Ferme d’Apremont, mais certaines rencontres emmèneront également joueurs et spectateurs à Sainte-Mesme, dans le cadre unique du domaine où Robert de Balkany accueillit autrefois quelques-uns des plus grands joueurs du monde et dont Robert Strom perpétue aujourd’hui l’histoire. D’autres prendront la direction de La Magdeleine, chez Alexandre Garese, vainqueur de l’Open de France 2021 et capitaine cette année d’Akasha.

Ces rencontres de semaine ont une saveur particulière. À Chantilly comme à Sainte-Mesme ou à La Magdeleine, le polo se prolonge parfois jusqu’aux doux crépuscules de septembre : les chevaux aux palenques, les équipes et leurs entourages au bord du terrain, quelques spectateurs avertis, les joueurs venus observer leurs adversaires, les petiseros en boina (béret traditionnel argentin) et bombachas (pantalons des gauchos) et, devant eux, certains des meilleurs joueurs du monde disputant les derniers chukkers de la journée dans une intimité presque irréelle. Un petit air d’Argentine au cœur de la campagne cantilienne : c’est aussi cela, l’Open de France BARNES.

Cette proximité avec le très haut niveau est précisément l’un des privilèges du polo à Chantilly. Il y a trente ans, Patrick Guerrand-Hermès avait imaginé le Polo Club du Domaine de Chantilly ouvert à tous, joueurs comme spectateurs. Trois décennies plus tard, on peut toujours y côtoyer les meilleurs joueurs du monde avec une simplicité devenue presque inimaginable dans les autres grands sports.

Après des semaines à annoncer les équipes, compter les Palermistes, présenter les jeunes talents et imaginer les confrontations, il était temps que les maillets parlent enfin. Place au jeu !

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